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Dissoudre la douleur ? Sophie COHEN


Bien choisir le solvant


Dissoudre la douleur ? Sophie COHEN
Aux confins de l’hypnose et des thérapies méditatives, Sophie Cohen montre comment la douleur peut être dissoute si nous sommes attentifs à ajuster notre posture. Un texte dans la continuité du travail de la grande thérapeute solutionniste Insoo Kim Berg.
Soluble ? Comme un comprimé effervescent ? Oui, presque. Et si c’était possible ? Pourquoi pas ? C’est une idée tentante, qu’en pensez-vous ? Soluble, d’accord et soluble dans quoi ? C’est justement cela qu’il convient d’identifier. Quel est ce liquide magique dans lequel la douleur pourrait se dissoudre ? Et si ce liquide était différent pour chacun ? Examinons en quoi le moment présent pourrait être le liquide magique solvant de la douleur.

UN PETIT TOUR PAR LA LITTÉRATURE

Que dit Gaston Brosseau à ses patients ? « A combien, sur une échelle de 0 à 10 est votre douleur ? A combien estimeriez-vous qu’elle serait supportable, en sachant qu’il ne faut pas chercher à la supprimer totalement ? Essayez de maintenir votre douleur à ce niveau pendant deux minutes, sans chercher à la diminuer ».
Puis, au bout d’une minute, il demande à combien est la douleur, qui, en règle générale, a déjà diminué. Il repose la question trente secondes plus tard. La douleur a encore diminué.
Au bout de ces 2 minutes, il demande à quel niveau elle est et, comme elle est voisine de 2 à 3, ou de la valeur souhaitée par le patient, il demande alors simplement au patient interloqué : « Qu’est-ce que vous avez compris, là ? »
Puis : « C’est tout de même bizarre… Quand vous essayez de supprimer votre douleur, elle reste stable ou augmente… Et, quand je vous demande d’essayer de la maintenir à son niveau le plus élevé, elle diminue … »
Quel est le liquide magique de Gaston Brosseau ? Cet exercice accessible à tous et qui consiste à se focaliser sur la douleur en la décrivant, Gaston Brosseau l’intitule « parler avec elle ».
Quel est le solvant ? Est-ce la modification apportée par le discours sur ce qui est ressenti ? Est-ce la prescription paradoxale « Essayez de maintenir votre douleur identique pendant 2 minutes », un tantinet provocatrice, qui met le sujet en mouvement ? Est-ce l’acceptation de ce qui est là, simplement présent dans la réalité vécue par le sujet ? Est-ce la focalisation sur la douleur?
Gaston Brosseau allie cela au lâcherprise. A ce titre, il propose un autre exercice, par exemple celui du « bras soulevé », validant par celui-ci que la personne est dans l’instant présent, utile à elle-même. J’explique : il prend le bras du patient en le soulevant par le poignet, tout en demandant au patient de ne pas l’aider, de laisser son bras inerte (comme un spaghetti bien cuit). Si le patient aide le thérapeute, le thérapeute le sent et le bras reste soulevé lorsque le thérapeute lâche le poignet. C’est le signe que le patient ne lâche pas prise.
On peut apprendre au patient à lâcher prise par un exercice complémentaire, celui de la règle, qui n’est qu’un jeu destiné à détendre le patient, simplement en détournant son attention.
Gaston demande au patient de rattraper une règle graduée, d’à peu près 30 cm, entre le pouce et l’index lorsqu’il va la lâcher entre ses doigts ouverts. Ce jeu s’agrémente de tout un petit discours sur le chiffre obtenu par le patient à chaque essai (environ une dizaine), puis d’un commentaire sur la façon de reconnaître un faux départ – « Si vous l’attrapez entre 0 et 3, vous avez triché » dit-il en riant – un réflexe excellent, bon ou un peu faible. Le tout avec humour et bonne humeur. Puis il refait le test de la règle qui, le plus souvent s’est beaucoup amélioré, avant de revenir au « soulevé du bras » totalement relâché. Etonnamment, la plupart du temps, le relâchement total du bras est obtenu. Le patient a lâché prise en quelques minutes de jeu. Le patient ressent dans son corps une nouvelle façon d’être. Une façon de se comporter, d’être en relation différemment. En posant à nouveau sa question – « Qu’est-ce que vous venez de comprendre, là ? » – Gaston Brosseau, en conclusion de cet exercice, fait dire au patient en quoi ce qu’il vient de comprendre est utile pour lui.

ALORS QU’EST-CE QUI « DISSOUT » LA DOULEUR ?

Ce que j’ai expérimenté personnellement, c’est le fait d’être « ici et maintenant », complètement ici, dans « le grand tout ». Je ne peux pas être présente dans « le moment présent » que je vis, ici et maintenant avec mes 5 sens et me focaliser sur la douleur. Le fait d’être présent « ici et maintenant », dans une situation donnée avec ses 5 sens ouvre des perspectives étonnantes et permet de s’immerger dans l’environnement, c’est une défocalisation par rapport à la douleur. Je peux ressentir des sensations et, sans interpréter ni juger ou évaluer ces sensations, être présente à la vie telle qu’elle se déroule là autour de moi. Il ne s’agit pas de nier mes sensations, il s’agit juste de les décrire comme des sensations.
Ne pas chercher à leur donner de connotation émotionnelle, ne pas chercher à leur donner de sens, ne pas chercher si cette sensation va durer. Juste être là avec ces sensations et tout le reste de ce qui est présent, toute notre vie dans cet instant. Et qui peut se continuer, à condition de rester dans « l’instant présent », instant après instant, moment après moment, jour après jour. Cette vie, dont les informations qui nous parviennent grâce à nos 5 sens sont modifiées seconde après seconde. Un peu d’explications. La vie sur mesure Evidemment, si je veux que la vie soit comme je veux qu’elle soit, alors j’imprime ma volonté. Je ne suis plus dans la réalité, je suis dans ce que je voudrais que la réalité soit. Je prends souvent cet exemple de dialogue. Je veux qu’il fasse chaud et beau parce que j’aime ça.
Alors je me mets en mai l lot de bains. La réalité : il fait zéro degré dehors. Est ce que mon comportement est juste, adapté ? Non. Ok, alors, qu’est-ce que je veux de façon réaliste ? Je veux éprouver de la chaleur douce et confortable dans mon corps. Ok, c’est un objectif réaliste. Comment faire avec 0° dehors ? M’habiller en conséquence, mettre du chauffage, emménager dans un lieu où il fasse chaud. C’est à dire faire avec la réalité. Être vivante dans cette réalité. Cela n’a rien à voir avec vouloir que la réalité soit que je veux qu’elle soit. C’est ce que j’appelle être efficient. Etre efficient, pour moi, consiste à faire avec, avec ce qui est là dans la réalité présente. Je ne peux modifier la réalité présente. Par contre, je peux m’exercer à être bien avec ce qui est, quelles que soient les circonstances. Que nous apprend André Comte-Sponville en parlant de la pensée de Swami Prajnanpad ?
Etre dans la réalité c’est ne pas espérer. Avoir de l’espoir, par la possibilité de l’espoir déçu, nous fait entrer dans le désespoir, au lieu d’être dans la sérénité, l’instant présent, la béatitude, nous dit-il dans son traité. Quels liens avec le domaine de la douleur ? J’ai des douleurs. Comment être bien avec ? En me focalisant sur ces douleurs ? Où mettre mon attention, ma vitalité ? Plus je veux, avec ma volonté, ne pas avoir de douleurs, plus je vais les sen tir et m’agacer avec ces sensations, les décrivant comme énervantes, insupportables… Et, là, je leur donne de la place, je permets à ces douleurs d’occuper tout mon espace de vie. Plus je veux que la vie soit autre que ce qu’elle est, plus son inadéquation avec mes espoirs m’amène à la déception, au désespoir. C’est ce que j’appelle : « Je veux que la vie soit autrement que ce qu’elle est ». « Je veux que la vie soit ce que je veux qu’elle soit ».
SOPHIE COHEN Psychologue en libéral à Châtillon (Hauts-de- Seine). Travaille également en relation avec des réseaux de soins qui accompagnent des personnes atteintes de douleurs chroniques et/ou de pathologies douloureuses. Partage sa passion pour l’hypnose au sein d’organismes de formation et de structures de soins.

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Laurence ADJADJ
Directrice d'Hypnotim, Hypnothérapeute, Psychologue. Exerce à Marseille en Hypnose Ericksonienne,... En savoir plus sur cet auteur



Rédigé le Lundi 7 Décembre 2015 à 14:30 | Lu 269 fois modifié le Dimanche 8 Octobre 2017

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